La Sorcière de Vaudreching.
Chaque nuit, Jhängel était intrigué par les mystérieuses absences de sa femme. Un soir, il décida de percer son secret. Feignant le sommeil, il la vit se glisser hors du lit, direction la cuisine. Là, elle attrapa un balai poussiéreux et, d’une voix chuchotée, prononça une formule magique : “Au-dessus des haies et des buissons, au-dessus des arbres et des bois, balai, balai, emporte-moi !” Et hop ! Le balai s’éleva, emportant sa femme vers les étoiles.
Fasciné, Jhängel décida de tenter l’aventure. Il acheta un balai et répéta la formule magique, mais en la modifiant légèrement : “À travers les haies et les buissons, à travers les arbres et les bois, balai, balai, emporte-moi !” Au lieu de s’envoler gracieusement, il se retrouva projeté dans une folle course à travers les murs de la cheminée, les épines des buissons et les branches des arbres. Blessé et épuisé, il arriva enfin au pied d’un grand chêne, lieu de rassemblement des sorcières. Il y découvrit avec stupeur que sa douce épouse était en réalité la reine de la nuit, entourée de ses compagnes.
Avant qu’il n’ait pu lui poser une question, les sorcières disparurent dans un éclat de lumière, emportées par leurs balais volants. Jhängel, seul et désorienté, erra dans la forêt jusqu’à l’aube avant de retrouver le chemin de sa maison.
Il réveilla sa femme et l’interrogea sur ses étranges activités nocturnes. Elle éclata de rire : “Tu as voulu me suivre, tu as été servi ! Mais la prochaine fois, demande-moi simplement où je vais, au lieu de te cogner partout ! Et surtout, apprends la différence entre ‘au-dessus’ et ‘à travers’ ! Tu aurais dû voir ta tête en travers des buissons !”
Jhängel, malgré ses blessures, ne put s’empêcher de sourire. Il avait vécu une nuit extraordinaire, une nuit qui avait renforcé leur amour.